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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
École d'Athènes par Raphaël

École d'Athènes par Raphaël

ÉTHIQUE OU PRATIQUE ?

 

En 2021 j’écrivais mon premier livre : « Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie ». Depuis je n’ai pas cessé ma réflexion sur ce thème, que j’enrichis périodiquement, ou plutôt presque quotidiennement par ma pratique maçonnique. J’écris, quand d’autres parlent seulement, d’autres méditent en silence, ils s’enrichissent tout autant, mais les bienfaits de leur action ne sont pas partagés. J’ai la faiblesse de croire qu’arriver à un certain âge, le peu de temps qui nous reste doit être consacré toujours et encore à la recherche des savoirs, mais surtout à la Connaissance c’est-à-dire à l’Amour du partage.

Les philosophes antiques, mais aussi les modernes sont le plus souvent préoccupés par la construction de systèmes, d’écoles de pensée, qu’ils s’efforcent de diviser, de structurer, de classer, au risque d’émietter leur pensée originelle. Ils veulent sans doute s’affirmer et au mieux laisser une trace de leur passage. Ils se saisissent parfois d’éléments disparates, piochés dans diverses écoles ou systèmes et en les assemblant, ils tentent de trouver une forme de cohérence. C’est une forme d’exégèse élaborée, que d’autres s’empressent de critiquer les accusant au mieux de plagiat au pire d’incohérence. Toute cette agitation intellectuelle finit par aboutir à une confusion, où chacun demeure persuadé d’avoir raison et cela donne corps à des conversations de cénacle où chacun compare ses degrés de savoir. Conversations qui finissent par n’intéresser que les locuteurs qui débattent entre eux, un entre-soi, bien loin des préoccupations existentielles des autres et même bien loin de toute élévation spirituelle qui pourrait améliorer la société. Nous devons nous interroger à propos des philosophes de l’antiquité : leur tâche principale était-elle la rédaction d’un écrit, ou d’écrits ? Il semble à l’analyse que non. En effet tout le monde semble d’accord que les principaux d’entre eux non rien écrit. C’est le cas de Pythagore considéré comme le premier sage, le premier philosophe, l’inventeur même de la philosophie et pourtant il n’a rien écrit ! Pour Socrate il en est de même, c’est Platon qui nous rapporte sa pensée, Plotin même le néoplatonicien tardif dont les Ennéades ont été classées et parfois réécrites par Porphyre. Et pourtant nous pouvons constater qu’ils nous ont laissé un héritage. Nous pouvons donc légitimement nous poser la question, est-ce que la tâche primordiale, essentielle d’un philosophe est la rédaction d’un écrit ? Victor Goldschmidt éminent philosophe, et historien français d’origine allemande, le pensait. Ainsi, il formula le postulat sur lequel repose la méthode structurale en philosophie : « La méthode structurale, dit-il met incontestablement l’accent sur l’œuvre écrite, comme l’unique témoignage où se manifeste une pensée philosophique. »[1] Cela semble évident comment pourrions-nous prétendre la pensée des philosophes antiques sans l’écrit. Pourtant, réfléchissons plus loin, nous constatons l’extrême lenteur des œuvres philosophiques écrites. Cela est du tout simplement parce que la communication était orale. Les dialogues de Platon en sont la démonstration, sans qu’il soit besoin d’argumenter. On notera de plus que les dialogues sont organisés par thème, visant sans nul doute un objectif pédagogique et inspirant pour une conduite de vie face aux événements de celle-ci, ils sont donc plus Praxis que theoria.

 

 

 

 

Conclusion

 

Éthique et Pratique.

 

J’ai volontairement écrit Pratique avec un « P majuscule », en forme d’égalité avec Éthique. Aujourd’hui nos hommes politiques à l’approche des élections éprouvent l’envie soudaine d’écrire. De se raconter et de nous raconter de belles histoires que nous sommes tentés de croire puisqu’elles sont mises par écrit. Après avoir dévoyé l’oralité tentent t’ils de convaincre par la sacralité de leurs écrits, inscrivant leurs promesses dans le marbre face à des paroles qui n’impriment plus. Plutôt que de nous parler d’éthique à longueur de journée, nous pourrions leur dire comme Socrate quand envisager de passer à la pratique ? La Franc-maçonnerie revendique elle dans ses travaux d’être dans l’éthique et au dehors de ses loges de passer à la pratique. Elle est pensée et action, fraternité humanisme et spiritualité, son initiatique n’a pas de sens sans la pratique de ce qu’elle enseigne. Ses exercices qui sont de formation sont aussi d’application dans l’homme et dans la cité. On vient en Franc-maçonnerie, non par vanité pour flatter son ego, mais pour agir sur soi et dans la société. Elle est une praxis vivante, faisons en sorte qu’elle soit vivace grâce à notre exemplarité et qu’elle inspire nos hommes politiques dans leur conduite et pas seulement dans leurs écrits.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

[1] Victor Goldschmidt- Remarques sur la méthode structurale en histoire de la philosophie- Métaphysique et histoire de la philosophie, recueil d’études offert à Fernand Brunner. Neufchâtel 1981. Page 230.

ÉTHIQUE OU PRATIQUE
L'ACTION DE LA LUMIÈRE 
ÉTHIQUE OU PRATIQUE

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Publié le par Jean-François Guerry
Chers toutes et tous... Je serais absent du 20 au 26 joies de grand-père !!! Je vous propose en attendant quelques citations pour méditer....À bientôt

Jean-François Guerry

L'ABSENCE....
QUEL PLUS GRAND MANQUE QUE L'ABSENCE DE LUMIÈRE ?

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Publié le par Jean-François Guerry
Statue d'Ernest Renan avec Athena  à Tréguier

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FRAGMENTS DE RÉFLEXION - II -

Ernest Renan : « Qu’est-ce que la Nation ? »

Août 2026, la France s’agite face aux échéances politiques, chacun s’efforce de définir ses projets pour la nation. Entre caricature et raison, il faut mettre des définitions aussi précises que possible sur les mots, afin d’éviter toutes les confusions néfastes. « Sans prendre les mots pour idées ». Chacun s’évertue à s’approprier le mot nation, peu se hasardent à le définir sans succomber à la fadeur ou à l’outrance. Ernest Renan, « l’inclassable », nous a laissé un guide qui fait encore référence. Il a pensé, en 1882, ce qu’est une Nation dans le monde moderne. « La nation est une communauté politique imaginaire, et imaginée comme intrinsèquement limitée et souveraine » [1]. La cristallisation du mot nation a généré une idéologie nationale, trop souvent détournée en idéologie nationaliste qui, au lieu de réunir, fragmente, c’est un comble ! Ernest Renan fut comparé à un prisonnier de la grotte de Platon au milieu des philosophes, des penseurs et des historiens, mais un prisonnier de cette grotte qui s’est évadé. Qui est sorti de l’obscurité et, malgré la lumière aveuglante, a réussi à voir le monde réel. Il a capté l’attention dans sa Conférence de la Sorbonne du 11 mars 1882, il dira : « J’en ai pesé chaque mot avec le plus grand soin ; c’est ma profession de foi en ce qui touche les choses humaines, et, quand la civilisation moderne aura sombré par suite de l’équivoque funeste de ces mots : nation, nationalité, race, je désire que l’on se souvienne de ces vingt pages-là. » [2]

Effectivement, nous nous souvenons essentiellement d’Ernest Renan à travers ces deux ouvrages : La Vie de Jésus, qui provoqua scandale et émoi dans un pays non affranchi de la prégnance du catholicisme dans les pensées, et son Qu’est-ce qu’une nation ? Aujourd’hui, pratiquement tous les écrits sur la nation mentionnent cette citation : « L’existence d’une nation (…) est un plébiscite de tous les jours. » Évidemment, il faut lire Renan en rapport avec ce qu’était son temps. Essentialiste de son temps, il parlera de volonté, de race, de communauté de sang, toutes choses qu’il s’efforçait d’épurer de tout contexte politique. La race humaine diffère essentiellement de la zoologie, on ne peut pas aller dans le monde tâter le crâne des gens, puis les prendre à la gorge en leur disant : « Tu es de notre sang ; tu nous appartiens ! »

Il faut, selon lui, se souvenir des ancêtres communs, mais aussi oublier, pour élaborer un processus de construction de la nation. Il ose dire : la nation n’est pas un corps ethnique d’origine unique, constatant en historien qu’il y a eu de tous temps des mélanges de groupes d’origines diverses et la création de nouvelles sociétés. Il rejette ainsi toute prééminence d’un groupe particulier sur un autre, qui aurait un quelconque privilège sur les autres groupes. Plus moderne encore, il dit : la langue, la religion, la géographie et l’intérêt économique ne constituent pas des points de départ déterminants à la construction d’une nation. La terre est trop mouvante pour être figée. La nation lui apparaît d’abord comme une solidarité entre des hommes modernes, autonomes et désireux de vivre sous la même autorité. Il est, en ce sens, un fédéraliste. C’est l’idée politique de détenteurs d’un libre arbitre qui crée la nation. La nation est donc une construction moderne qui, comme toutes les constructions, sera un jour appelée à disparaître ou à se reconstruire ? Renan, le libéral méfiant vis-à-vis de la démocratie de masse, finira par s’y convertir, arguant d’une nécessité historique.

Il adhéra au fait : « Que ce n’est ni la langue ni la race qui fait la nationalité » [3]. Renan [préconise] la création d’une Europe fédérale, craignant un impérialisme s’appuyant sur la race ; il combat ainsi le racisme théorique fondateur de la nation. Il sera proche de Raymond Aron et de Marc Bloch. La nation n’est pas pour lui un ethnos ancien, mais un mélange de groupes linguistiques et culturels. Il reconnaît les adeptes du judaïsme comme partie immanente de la nation française. Preuve que sa vision marqua les esprits : bien plus tard, en 1943, le Comité juif américain estima que la Conférence de Renan sur la nation pouvait être utilisée comme une arme contre le nazisme, le racisme et l’antisémitisme. Ernest Renan, Raymond Aron et Marc Bloch s’accordèrent sur la pensée que le judaïsme est une croyance importante plutôt qu’une matrice issue d’une matrice commune ou une nation aspirant à regagner sa patrie. Évidemment, ce fut une position embarrassante pour les sionistes. Cette pensée commune est devenue aujourd’hui irrecevable pour ceux qui se revendiquent fils d’Israël.

     Jean-François Guerry.

Sources : Ernest Renan – Qu’est-ce qu’une nation ? – Préfaces – Éditions Gallimard, collection Champs classiques.

À SUIVRE : Les textes d’Ernest Renan.

 

[1] Bénédict Anderson – L’Imaginaire national, 1983.

[2] Ernest Renan – Discours et Conférences, 1887 – Paris, Calmann-Lévy, 1904, page 11.

[3] Numa Fustel de Coulanges, L’Alsace est-elle française ou allemande ?

Poème en chanson de Philippe Jouvert 
FRAGMENTS DE RÉFLEXION - II -

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Publié le par Jean-François Guerry
statue d'Ernest Renan - avec Athéna Place du Martray à Tréguier.

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FRAGMENTS DE RÉFLEXIONS

Chaque année, en août, sans date précise, quand le besoin devient intense, je fais avec mon épouse ce que certains qualifieraient de pèlerinage. Je dirais plutôt un voyage de recueillement et de prise de recul, avec des moments de retrait du monde. Cette pause commence par un arrêt dans le cimetière de Paimpol, où repose mon fils aîné, là où une partie de notre vie a changé. Nous mesurons alors, à chaque fois, depuis 5 ans déjà, que certaines douleurs ne meurent pas.

Puis nos pas nous guident souvent vers Tréguier, après avoir pensé à l’ami Georges, celui qui repose à Sète, autre bord de mer, et dont les murs de sa maison de Lézardrieux résonnent encore de sa voix et des rires des « Copains d’abord ».

Cette année, à Tréguier, sur la place du Martray, je me suis arrêté devant la statue d’Ernest Renan, l’inclassable, qui pose, assis avec la déesse Athéna, symbole de la Libre Pensée, qu’il avait adoptée. J’ai lu, il y a quelques années, son Marc Aurèle et avais été surpris par sa connaissance de l’Antiquité et du stoïcisme, et surtout par son approche originale et objective, loin des louanges sans nuances de celui qui fut qualifié d’« Empereur Philosophe ». Renan nous rappelle qu’il fut aussi l’un des plus grands persécuteurs de chrétiens !

J’ai voulu aller plus loin dans la connaissance de cette figure qui fut administrateur au Collège de France. C’était l’occasion de visiter sa maison natale, transformée en musée, à quelques pas de la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier.

Cette maison familiale de capitaine de Marine fut la demeure du jeune Ernest, né en 1823. À 5 ans, il est orphelin : son père périt en mer. Il fut élevé par sa sœur aînée, Henriette, avec qui il restera très proche toute sa vie durant.

Élève doué, remarqué pour ses qualités intellectuelles et sa soif de savoirs. Remarqué par ses maîtres au séminaire catholique, ils financèrent ses études au prestigieux Séminaire Saint-Sulpice à Paris. Son destin devait alors le mener dans une carrière d’ecclésiastique.

Naturellement, il étudie la théologie, mais aussi l’hébreu, l’araméen et la philosophie allemande. Ses études furent couronnées par une thèse de doctorat consacrée à Averroès, le penseur musulman et aristotélicien. Ce fut la première fissure dans la foi du jeune Renan.

Rapidement, il déclara avoir perdu la foi et se tourna vers la science et celle qu’il qualifiait de « science des sciences », la philologie. Cette science devint pour lui une arme laïque pour la destruction du mythe du Jardin d’Eden et du mythe religieux lui-même, qu’il considéra comme une construction de l’imagination humaine. Le langage devenant pour lui uniquement une création humaine.

Il n’oublie pas la religion, mais il la regarda dès lors avec le prisme de la raison humaine.

Sa première œuvre, commise à 24 ans, porte le nom d’Histoire générale et système comparé des langues sémitiques. Elle fut couronnée par un prix de l’Académie française.

À propos de cette œuvre, il déclara :

« Je suis donc le premier à reconnaître que la race sémitique, comparée à la race indo-européenne, représente réellement une combinaison inférieure de la nature humaine. Elle n’a ni cette hauteur de spiritualisme que de l’Inde et la Germanie seules ont connue, ni ce sentiment de la mesure et de la parfaite beauté que la Grèce a légué aux nations néo-latines, ni cette sensibilité délicate et profonde qui est le trait dominant des peuples celtiques. » [1]

Renan semble opposer la largeur de vue de l’Indo-Européen et sa tolérance, là où le Sémite est égoïste et renfermé sur lui-même. Il n’est cependant pas, malgré les apparences, raciste au sens où on l’entend aujourd’hui, ni essentialiste. Au cours de sa vie, il démontrera son admiration pour une partie des cultures de l’Orient et fut même qualifié d’orientaliste. Il se révèle là encore « inclassable ».

Cet orientalisme et sa passion pour l’archéologie le menèrent d’ailleurs à prendre la direction d’une expédition archéologique en Orient, dans la Phénicie, le Liban actuel, la Syrie et la Palestine.

L’infatigable chercheur s’intéresse alors à la naissance du monothéisme chrétien. Cela le conduira à l’écriture de son livre : La Vie de Jésus.

C’est avant la parution de son ouvrage qu’il fut nommé professeur d’hébreu à la chaire du Collège de France, en 1863. Son discours inaugural sur La Vie de Jésus lui vaudra les foudres de l’Église catholique. En effet, il présente Jésus comme un être humain ordinaire, avec toutes ses qualités, ses particularités et ses défauts. Il réduit, pour ne pas dire supprime, le mythe, les mystères et les miracles.

Il sera finalement, sous la pression de l’Église, obligé de renoncer à sa chaire au Collège de France, et c’est bien plus tard qu’il redeviendra administrateur, en 1870, après la chute de l’Empire.

Il est considéré comme un précurseur de la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État. Le libéral-conservateur s’est incliné devant la logique démocratique, ce qui fit de lui une icône de la IIIe République.

On notera que sa Vie de Jésus fut ce que l’on qualifie aujourd’hui de best-seller, rééditée pas moins de 10 fois.

À cette œuvre, il convient d’en ajouter une autre : Qu’est-ce que la Nation ?, dont le point d’orgue est la Conférence faite à la Sorbonne le 11 mars 1882.

Des passages de ce livre sont régulièrement cités encore aujourd’hui. En introduction de cette conférence, il écrit :

« Tâchons d’arriver à quelque précision en ces questions difficiles, où la moindre confusion sur le sens des mots, à l’origine du raisonnement, peut produire à la fin les plus funestes erreurs. Ce que nous allons faire est délicat ; c’est presque de la vivisection ; nous allons traiter les vivants comme d’ordinaire on traite les morts. Nous y mettrons la froideur, l’impartialité la plus absolue. »

Nous sommes loin des visions simplistes, réductrices, que certains voudraient nous vendre comme une marchandise prête à consommer.

                                        Jean-François Guerry.

À SUIVRE….

 

[1] Ernest Renan — Histoire générale et système comparé des langues sémitiques.

 

La statue d’Ernest Renan, en position assise, est dominée par la statue d’Athéna (déesse grecque), symbolisant la libre Pensée.

Inscriptions

Sur le piédestal, sur une plaque en granit : Ernest Renan / Né à Tréguier le 27 février 1823 / On ne fait de grandes choses qu’avec la science/ et la vertu. La foi qu’on a eue ne doit / jamais être une chaine. L’homme fait la beauté de ce qu’il aime et la sainteté / de ce qu’il croit... / E-R. Sur le piédestal, sur une plaque en bronze : A Ernest Renan / centenaire de sa mort / en / 1992 / Hommage des Trégorrois / J.Y. Prudhomme maître artisan bronzier d’art à Tréguier. Sur le banc, à droite : Jean Boucher sceau du fondeur : Etablts Molz J. Malesset fondeur Paris 1903.

 

FRAGMENTS DE RÉFLEXIONS- I-
FRAGMENTS DE RÉFLEXIONS- I-

Historique

1894 : premier projet émanant d’un groupe républicain parisien, Les Bretons de Paris. 1902 : lors de l’inauguration de la statue de Hoche à Quiberon, les Bleus de Bretagne et Armand Dayot émettent le vœu d’ériger un monument à Renan. Le gouvernement et la ville de Tréguier s’associent pleinement à cette entreprise. Le projet est ressenti comme une provocation par les conservateurs catholiques et la municipalité reçoit de multiples lettres de protestations. La lutte entre les ‘Bleus’ et les ‘Blancs’ connaît un retentissement national abondamment commenté par la presse. 1903 : la statue arrive à Tréguier le 8 septembre et est inaugurée le 13 sous la présidence d’Emile Combes, président du Conseil, et en présence de Joseph Chaum 

SOURCE OUEST-FRANCE
FRAGMENTS DE RÉFLEXIONS- I-
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Publié le par Thierry Didier- Jean-François Guerry
Mes frères me reconnaissent comme tel
Photo de soroushkarimi sur Unsplash

Mes frères me reconnaissent comme tel

 

La demande de la Question d’Ordre du 1er degré ne se contente pas d’être « en tête » de l’instruction de son degré, elle est aussi en tête de tout le processus initiatique. C’est pourquoi il ne s’agit pas, dans cette demande, de qualifier le récipiendaire d’Apprenti, mais plus généralement de franc-maçon, inaugurant ainsi le long chemin du rite. La demande de la 1ère Question d’Ordre du REAA ne suggère donc pas, contrairement à la plupart des Questions d’Ordre suivantes, la qualité, c’est-à-dire le grade de celui qui est tuilé. Comment expliquer cette « anomalie » ? Eh bien, de plusieurs façons : on peut y voir une façon de préserver le secret pour un individu profane qui tenterait de se faire passer pour un initié. Et dont on limiterait le préjudice en lui livrant une parole « neutre ». En le questionnant sans mentionner le degré, on limiterait ainsi la « casse » potentielle d’une malversation éventuelle.

Plus symboliquement, le mot de passe n’existant pas au grade d’Apprenti, puisqu’on ne passe pas dans ce cas de figure d’un degré à un autre, la demande n’habilite pas vraiment de passage, et demeure, d’une certaine façon, « profane ». La réponse, alors, de l’initié confirmé évitera l’écueil de l’imposture en prononçant une phrase qui n’est absolument pas prévisible, et qui en même temps caractérise parfaitement le statut ambivalent de l’Apprenti. En clair, en évitant de citer le 1er grade, on s’empêche d’éventuellement dévoiler la première injonction de tout le rituel. De plus, être « reconnu comme tel » objective l’idée de naître à partir du regard et de l’entendement de l’autre, mettant en avant la vision confessionnelle du Prochain, c’est-à-dire de soi-même, mais de façon délégataire. Le but avoué de cette délégation ne portera pas sur une volonté de dénier la responsabilité ou la légitimité de tel ou tel, mais de simplement créer ex nihilo un nouvel initié.

La Question d’Ordre possède cette ambigüité entre un continuum assumé par une demande et une réponse pratiquement concomitantes, tout en intégrant la morphologie séparatiste des 2 syntagmes. En effet, la réponse pourrait être simplement : oui, non ou peut être… En fait, la Question d’Ordre dictée par l’instruction s’empressera de changer l’angle du regard du récipiendaire, qui reste crédible dans l’absolu, mais en brouillant les paradigmes attendus, à savoir « quelle est votre nature, votre fonction ou votre dessein » ? La singularité de la réponse permettra au récipiendaire de s’échapper quelque peu de la droite ligne à laquelle semblait le condamner la question impérative et incisive posée par l’initiateur. La réponse de l’Apprenti sera donc performative, c’est-à-dire qu’elle prendra date dès le début, mais vis-à-vis finalement d’une chose qu’elle ne pourra pas maitriser, en l’occurrence la reconnaissance de ses pairs. Ceci est très important et signifie que « la forme peut engendrer le fond », ce qui ne correspond pas à la logique profane, mais peut s’entendre dans cette vision holistique qui caractérise l’initiatique, et dans laquelle l’avant et l’après finiront, après moults circonstances, à se fondre en un même ensemble. L’apothéose lointaine de cette fusion sera, en miroir, la réponse de la Question d’Ordre du 30ème degré : « Je le suis, son nom fut autre et le même pourtant », où ce sera l’ensemble des prochains possibles qui définira cette fois l’« univers complet ».

La réponse de la 1ère Question d’Ordre conditionnera une forme de mise en abyme, où l’apprenti se reflètera dans les yeux de l’initiant, qui y verra alors ses propres yeux, dans ceux du récipiendaire, etc… Car l’origine de l’initiatique ne peut provenir que d’une boucle générative, où la notion de préséance perd sa dominance et installe à la place une forme de maelstrom créatif qui en obère alors la légitimité. Non pas que cette légitimité fondatrice n’existe pas, simplement est-elle mise de côté face à l’apparition cyclique et inflative de la vie : la créature devenant un temps très court un créateur, quelque part assimilable au « Big Bang » des astrophysiciens qui, en postulant cette théorie, reconnaissent que tout était présent dès le départ, et que seule l’inflation qui a suivi a distribué dans l’univers les ferments originaux…

N’oublions pas que le mot « initiation » introduit étymologiquement un contexte de réitération, de recommencement perpétuel, et que c’est ce cycle sans début ni fin qui formalise, qui objective la vie elle-même. Alors, dans ce cas, quoi de mieux pour justifier son existence, que la reconnaissance de l’Autre : les kabbalistes l’ont bien compris en plaçant cette valeur au sein de la 2ème séphirah, Hochmah, la Sagesse, ou « « comment composer avec soi-même », qui consiste à générer, par effet-miroir, le principe créateur à l’origine ineffable, porté par la 1ère séphirah, Kether, la couronne. 

La Question d’Ordre est toujours délicate à mettre en place, car elle est censée établir par avance la situation personnelle du candidat au degré requis. Le souci ici est que le grade d’apprenti est le premier d’une lignée importante. D’habitude, nous verrons à tous les degrés ultérieurs que l’élaboration de la réponse de la Question d’Ordre est une sorte de mise en abyme dont on ne percevrait pas les étapes intermédiaires. Par exemple, pour le Compagnon : la réponse « J’ai vu l’Étoile Flamboyante » comporte des prémisses cachées où le candidat devra comprendre ce que lui inspire la Lettre G, en quoi doit-il âprement travailler, pourquoi fait-il un pas de côté durant sa marche, ou bien que lui enseignent les grands initiés ou les 5 ordres d’architecture.

Cette lente acquisition apportera une sorte de légitimité progressive, construite pas à pas en lien avec le grade considéré qui, pour finir, s’intégrera tout de go dans une courte réponse, « J’ai vu l’Étoile Flamboyante. » Si le Maître Maçon reconnait l’Apprenti, c’est qu’il verra en celui-ci des éléments qu’il retrouvera dans son propre parcours : c’est en cela que la succession des grades constitue une forme, ici encore, de mise en abyme, où chaque reflet viendra s’inviter dans le suivant, un peu plus large, un peu plus profond. Et c’est pourquoi les degrés du REAA vont être gigognes, permettant au nouveau maçon de ne pas repartir de zéro à chaque « naissance ». Peut-être direz-vous qu’un profane est toujours une page blanche : ça n’est pas faux, mais il possède également des prédispositions qui lui sont toutes personnelles, liées à sa culture, à son lignage et à son caractère. C’est l’instruction qu’on lui apportera qui se devra d’intégrer en son sein toutes transformations bénéfiques à son affranchissement. Cette « substitution » au 1er degré (« franc-maçon » en place d’« Apprenti »), ou du moins cette ellipse explicitera aussi pourquoi l’initié Apprenti ne peut pas faire sienne la réponse en utilisant la 1ère personne du singulier, ou bien, comme à certains degrés, l’adjectif possessif de la 1ère personne du singulier. Exemples : R- : « Mon zèle a été pris pour de la curiosité » (6ème degré) ; « l’acacia m’est connu (3ème degré) ; « Je porte volontairement le joug de mes frères » (25ème degré) … Il faut en fait considérer que le passage effectif d’un grade au suivant se glisse entre la demande et la réponse de la Question d’Ordre dudit grade.

La demande caractérisera alors simplement le principe interrogatif de la possession du grade : par exemple,« Êtes-vous Intendant de Bâtiments » (8ème degré) ? sans autre forme de procès. L’usage de l’ésotérisme ne sera pas ici à proprement parler destiné à cacher des choses, mais à utiliser le fait que le langage humain est habituellement extrêmement progressif et explicite, afin de détailler au mieux la pensée de son auteur. Ici, au contraire, l’usage veut qu’on puisse contenir en quelques syllabes toute la puissance et la variété de la transformation initiatique. L’ésotérisme le permet, en ne mettant aucune limite à la sagacité potentielle de l’initié. Pour cela, le langage habituel n’est pas adapté : il l’est, avec sa multitude de mots dès lors qu’il s’agit de coller au plus près de situations aussi nombreuses que changeantes et de les détailler (comme dans les rituels et les instructions).

Par contre, son arsenal sémantique se verra dépossédé lorsqu’il s’agira de contracter au maximum divers contextes en 3 ou 4 mots. Nous n’aurons dans ce cas que 2 possibilités. 1°) l’ellipse, où c’est un vide interrogateur, une omission convenue, une « « absence révélatrice », un mutisme signifiant qui illustreront par défaut un incompressible dialogue (« J’ai travaillé à me perfectionner », 14ème degré ; « J’ai vu la triple lumière », 27ème degré). Ou bien 2°) ce sera l’ésotérisme classique qui prendra la main, avec son cortège de formules hermétiques : « Les arbres sont bons pour la coupe » (22ème degré) ; « Comme vous, j’ai vu la grande lumière » (26ème degré); « Son nom fut autre et le même pourtant » (30ème degré) … L’ésotérisme sera ici une méthode pragmatique qui ne flirtera aucunement avec le nébuleux ou l’abscons.

Son caractère mystérieux sera simplement conditionné par le fait que tout son mécanisme ne sera pas en temps réel à la portée de l’individu, mais contiendra une arborescence de possibilités dont une seulement sera à terme conservée : à l’initié d’y trouver son compte. Un autre exemple : à la demande du 25ème degré : «  Êtes-vous Chevalier du Serpent d’Airain » ? : R- : «  Je porte volontairement le joug de mes frères » : il ressortira de cette courte phrase des notions et des aptitudes à conjuguer  par l’airain, alliage dur et solide, l’union sacrée contre les contraires ,  symbolisant des valeurs d’abnégation, de force vitale intrinsèque, de capacité sanitaire, d’efficience collégiale, de volonté irréfragable , de confiance en son Prochain, de responsabilité collective, de guérison métaphysique, de noble  courage. Le Chevalier du Serpent d’Airain sera donc un grade où sera mis en exergue la « bonne santé métaphysique » du récipiendaire, et sa lutte intestine contre un joug qui prendra toujours langue dans un déséquilibre des principes. La réponse se voudra donc contractée et nécessairement ésotérique, car il sera impossible d’expliciter ces différents états d’âme dans un langage exotérique, si ce n’est en ne travaillant qu’à la surface des mots, en se voyant contraint de les évoquer en temps réel, un par un, en les indifférenciant et donc en diluant le message, avec le risque de s’y perdre.

L’ésotérisme connait, lui, la parcimonie, celle de passer sous silence des formulations brillantes aptes à masquer l’essentiel, celle de ne pas être assujetti à la flèche du temps, de ne pas être soumis au diktat de l’esthétique oratoire ou de la rhétorique verbeuse. Alors bien sûr, ça n’est pas parce que nous utilisons le langage exotérique que nous ne tomberons pas dans certains de ces pièges ; c’est simplement que cette variété de mots, de styles et d’associations syntaxiques pourront, à tout moment, dépasser la pensée de celui qui formule la réponse à la Question d’Ordre. Là où la Question d’Ordre ouvrira encore plus de possibilités sera la confrontation fructueuse de la demande et de la réponse ; Il s’agira d’y voir ce qu’on appelle en physique une différence de potentiel, où plus les pôles d’attraction seront ontologiquement opposés, plus l’énergie qui s’en dégagera sera puissante. Et donc la Question d’Ordre recèlera en elle-même cette opposition fondatrice qui détonnera par rapport à la phraséologie classique.

En effet, le but du langage est avant tout de se faire comprendre, et donc de créer un continuum de mots qui s’assemblent sans difficulté, de façon à lisser, homogénéiser et donc s’approcher mimétiquement le plus près possible de notre pensée, qui est la fusion permanente des éléments qui l’ont précédé. Mais l’ordonnancement des mots disparait derrière la fluidité du langage exotérique, et la forme, qui se veut esthétique et fonctionnelle, peut finir par occulter le fonds, à savoir l’ordonnancement préalable né de l’action d’un principe créateur sur la créature (ce que le Compagnon franc-maçon appellera au 2ème degré la Loi Morale, et que le Maître Secret, au 4ème degré, appellera la Loi Universelle). 

Dans la Question d’Ordre, le caractère hétérogène sera tel que la forme ne pourra pas cacher le fond : c’est le but : conserver dans la trame des mots l’essence qui siéra à l’initié. Nous comprendrons enfin que, si la demande de la Question d’Ordre ne comporte pas le grade, c’est aussi simplement parce que cette demande porte sur l’origine de la filiation initiatique, et qu’à aucun moment finalement l’initié n’a de références suffisantes pour prononcer son grade. De plus, l’apprenti ne peut pas parler directement : il devra s’en remettre à une forme passive dans sa réponse. Cette forme passive nourrira son nécessaire mutisme.

Thierry Didier.

Thierry Didier se consacre de manière originale et personnelle à la connaissance et la transmission du R E A A à travers ses ouvrages qui sont autant de portes ouvertes à la réflexion de l'initié et profane en recherche.

JF GUERRY.

LIVRES DE THIERRY DIDIER
Mes frères me reconnaissent comme tel
Mes frères me reconnaissent comme tel
Mes frères me reconnaissent comme tel
Mes frères me reconnaissent comme tel
Mes frères me reconnaissent comme tel
Mes frères me reconnaissent comme tel
Reprise ici d'un court article paru dans le blog le 19 avril 2020.
Mes frères me reconnaissent comme tel

RECONNAÎTRE

 

                  « Les symboles sont des portes ouvertes sur les réduits occultes de l’âme. »

                         Basil Ivan Rákóczi.

 

 

Le verbe se conjugue comme connaître. Il inclut l’acte de connaissance, c’est un verbe dynamique, actif. L’on comprend sa signification d’abord par son origine latine recognoscere, retrouver rappeler à sa mémoire. C’est aussi immédiatement en tirer les conséquences, faire un examen critique de ses actions.

 

Le verbe reste lié à  la connaissance de ce qui est, comme un retour au réel. C’est une opération fondamentalement intellectuelle, l’esprit reconnaît un objet, une chose, une action en reliant des images. Reconnaître c’est donc se lier à, faire reliance avec, et ce d’une manière certaine et véritable. Reconnaître s’est se confronter à la Vérité.

 

Les mots des francs-maçons sont des symboles sonores qui résonnent dans leur cœur, ils enrichissent les rituels, les francs-maçons se reconnaissent à travers ces mots, ils symbolisent les vertus qu’ils se sont engagés à pratiquer.

 

« Êtes-vous maçon ? Tous mes frères me reconnaissent comme tel. »

 

Dans une conversation entre maçons, l’on entend souvent l’expression : je te reconnais bien là ! Un peu comme ceux qui sont du même pays. Ils sont nés au même endroit, ont connu les mêmes épreuves et les mêmes joies.

Reconnaître c’est se relier à la vérité et à la lumière, c’est reprendre conscience, reprendre sa conscience en main, oublier son arrogance, faire preuve d’humilité.

 

Dans une société de la vitesse et de l’immédiateté, nous peinons à reconnaître nos erreurs, quant à la reconnaissance nous la noyons dans un flot de paroles, rarement suivi d’actes et de retour d’expérience, on oublie de reconnaître vraiment, c’est-à-dire la vérité, l’orgueil passe d’abord.

 

En ce moment l’on applaudit aux fenêtres dans un élan d’émotion, l’on redécouvre l’altérité, l’on se rend compte que notre cœur bat toujours, il était prisonnier en cage comme nous le sommes actuellement. Nos applaudissements sont les battements d’ailes de notre cœur qui veut se montrer, renonce à la pudeur. Ce qui passait pour de la mièvrerie, devient de la fraternité. Il nous reste à conclure avec la solidarité.

 

Reconnaître les êtres pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils ont.

 

Reconnaître pour les francs-maçons, c’est aussi re naître, c’est-à-dire s’initier.

 

En cette période de confinement nous avons le temps de reconnaître, de confirmer, d’admettre, d’accepter. Que nous nous sommes trompés sur le sens de la vie que nous avons privilégié le superflu par rapport à l’essentiel.

Reconnaître que nous avons trop ignoré non pas ceux qui sont « utiles » comme l’a dit notre président. Car enfin ils ne sont pas des ustensiles dont on se sert quand on en a besoin ! Mais ce sont des femmes et des hommes, au milieu et aux bouts de la cordée, maillons d’une chaîne dans laquelle nous sommes tous. Ils ont droit a être reconnus comme tels, en eux est la force qui nous soutient. Ils font partie de la grande loge universelle de l’humanité.

 

On les reconnaît à leurs œuvres. Ils sont les symboles vivants de ce qu’il y a de mieux dans l’homme. Ils font briller la lumière dans les ténèbres, ils ne parlent pas de morale, d’éthique et de vertu, car pour eux cela est naturel ils font leur devoir. Ils sont des exemples, ils sont du pays, ils font le pays, ils sont notre pays.

 

Je nourris avec vous l’espérance, qu’une fois l’orage passé, quand l’arc sera à nouveau dans le ciel, nous saurons leur témoigner notre reconnaissance par des actes, comme eux ont agi pour nous.

 

C’est à eux que je dédie ce modeste témoignage, à eux tous qui ont l’œil du cœur, et qui portent aujourd’hui le fardeau de nos erreurs et de nos ignorances, avec leur courage et leur amour fraternel.

 

Jean-François Guerry.

EN TOUTE FRATERNITÉ POÈME DE Philippe Jouvert mis en musique par l'auteur
Mes frères me reconnaissent comme tel

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Fraternité

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Ombre et Lumière
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L'ukraine
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L'ukraine

POÈMES DE PHILIPPE JOUVERT EN CHANSON

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Publié le par Jean-François Guerry
Noosphère

Noosphère

LA LOGE MAÇONNIQUE, RÉCEPTEUR ET ACTIVATEUR DES ÉNERGIES HUMAINES

La Loge est un espace clos et couvert, propice à la convergence des énergies et à leur potentialisation. Le développement de l’espèce humaine, phénomène le plus abouti à ce jour du monde vivant, concentre une quantité infinie d’énergie.

La totalité de l’énergie humaine est infinie. L’évolution intellectuelle de l’humanité va de pair avec son évolution spirituelle, qui prend diverses formes. L’énergie humaine s’intègre dans l’énergie cosmique ; elle fait partie de la nature. Teilhard de Chardin distingue trois formes de cette énergie « hominisée » :

  • a) « L’énergie incorporée, c’est celle que la lente évolution biologique de la Terre a graduellement accumulée et harmonisée dans notre organisme de chair et de nerfs, l’étonnante “machine naturelle” du corps humain. » [1]

L’initiation maçonnique commence par le corps humain ; les épreuves des quatre éléments, celles liées à la vue, au toucher et à l’ouïe en témoignent. Le corps, mis à part, en retrait, prend conscience de l’énergie qui est en lui.

  • b) « L’énergie contrôlée est celle que, à partir de ses membres, l’Homme parvient ingénieusement à dominer autour de lui d’un pouvoir physique au moyen de machines artificielles. » [2]

L’Apprenti Maçon se saisit des outils élémentaires pour rechercher l’énergie dissimulée au fond de lui-même. Le Compagnon, plus éclairé, perfectionne sa quête par la connaissance de ses sens, des Arts libéraux et de la vie des Grands Initiés. Il prend peu à peu le contrôle de son chemin et apprend le partage des secrets pour construire son chef-d’œuvre.

  • c) « L’énergie spiritualisée, enfin, est celle qui, localisée dans les zones immanentes de notre activité libre, forme l’étoffe de nos intellections, affections, volitions : énergie bien réelle puisqu’elle opère une prise de possession réfléchie et passionnée des choses et de leurs rapports. » [3]

L’énergie du Maître Maçon commence par son relèvement. C’est une énergie qui lui permet de se dévoiler aussi radieux que jamais. En passant de la position horizontale à la position verticale, il rassemble les trois énergies et passe de la périphérie au centre. Il n’y a pas de frontières entre ces trois énergies ; au contraire, il existe entre elles une porosité qui crée l’harmonie, la tension vers l’unicité.

« Tout se passe comme si chaque individu humain représentait un noyau cosmique de nature spéciale rayonnant autour de soi des ondes d’organisation et d’éveil au sein de la matière. Un tel noyau pris, avec son auréole d’animation, voilà l’unité Énergie humaine. » [4]

Chaque participant aux travaux de Loge apporte avec lui son énergie personnelle, singulière. La Loge agit comme récepteur et activateur de ces énergies, les féconde et les potentialise.

La Terre est une Grande Loge, réceptacle de l’énergie humaine totale. L’énergie humaine totale peut alors prendre une force infinie, malgré l’apparente faiblesse des maillons de cette énergie, d’où l’importance de chacun d’entre eux dans le cosmos.

La totalité des énergies des membres d’une Loge forme une pellicule qui la recouvre. Cette pellicule est la Noosphère, la forme la plus aboutie de la pensée humaine en marche, la flèche de la pensée humaine qui permet d’espérer, en confiance, un monde meilleur. Le travail en Loge est une contribution à cette énergie humaine totale.

Jean-François Guerry

 

[1] Pierre Teilhard de Chardin, Je m’explique, page 80, Éditions du Seuil.

[2] Ibid., [1].

[3] Ibid., [1].

[4] Ibid., [1].

LA LOGE MAÇONNIQUE, RÉCEPTEUR ET ACTIVATEUR DES ÉNERGIES HUMAINES

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Publié le par Jean-François Guerry
RÉUNIR EN NOUS CE QUI EST ÉPARS
Photo de tama66 sur Unsplash

RÉUNIR EN NOUS CE QUI EST ÉPARS

J’ai constaté un phénomène qui, d’apparence, sans recul, l’on pourrait qualifier d’extraordinaire. Plus nous avançons dans notre initiation, plus nous parcourons de chemin, plus nos réflexions se simplifient et s’unifient. Ainsi, sans aucune concertation, nous lisons les mêmes auteurs, nous semblons suivre les mêmes pas ou plutôt poser nos pieds dans les mêmes empreintes. Nos sens réagissent de la même manière, mais souvent à des moments différents, en fonction d’événements singuliers de notre vie. Les mots de ces auteurs résonnent en nous de plus en plus fort au fur et à mesure que nous avançons en âge. Nous semblons soumis à une force centripète, à une attirance vers ce centre qui vibre de plus en plus. Jusqu’à un certain moment où ce n’est plus l’esprit qui est au travail, mais c’est simplement le cœur qui vibre.

Un frère me disait : « Je ne sais pas ce qui m’arrive, mais plus j’avance en âge, plus je deviens émotif. » En fait, je dirais : plus nous devenons réceptifs, c’est-à-dire plus le Cœur s’ouvre. Plus nous pénétrons dans la chambre du milieu de nous-mêmes, Corps, Cœur et Âme ne semblent être qu’un seul souffle. Nous sommes entre l’inspiration et l’expiration ; le souffle qui est entré en nous, retenu un instant, dépose quelque chose d’impalpable, d’infime, qui traverse notre corps, irrigue notre Cœur, et puis l’inutile est expiré.

C’est comme quand nous avons gravi un étage, quand nous regardons vers l’étage suivant avant de reprendre notre marche. C’est sur ces paliers que nous rencontrons ceux qui ont fait la même ascension ; c’est le moment de cette réunion, communion entre nous. Certains, comme les compagnons, parlent de partage. Réunir, se réunir : pourquoi, si ce n’est pas pour partager ?

Jean-François Guerry

RÉUNIR EN NOUS CE QUI EST ÉPARS

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Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Le Blog des Spiritualités.

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Publié le par Jean-François Guerry
LA PENSÉE ET L’ACTION
Photo de lafadeso sur Unsplash

LA PENSÉE ET L’ACTION

Traditionnellement, le mois de septembre, pour la plupart d’entre nous, est la période de la reprise des activités professionnelles pour les actifs, des engagements associatifs pour les autres, et souvent les deux. Les Loges maçonniques sonnent la reprise des travaux ; leurs Vénérables Maîtres appellent les Frères au travail. Fidèles à leur serment, ils se mettent à l’œuvre. Comment, d’ailleurs, pourraient-ils faire autrement pour rendre « Gloire au travail », ce travail qui ennoblit l’homme, lui donne sa dignité ?

Les Sœurs et les Frères travaillent dans leurs Loges, pour se construire et construire une société plus fraternelle. C’est un engagement fort et essentiel à la sociabilité. Ils répondent présents en Loge, sur leurs colonnes, pour soutenir l’édifice qui accueille leur communauté fraternelle ouverte.

Ils connaissent leur devoir : rassembler les forces qui sont en eux au pied de la Colonne B, contribuer à l’établissement de ces forces au pied de la Colonne J, comme les hommes qui ont vu ces deux Colonnes d’Airain à l’horizon quand ils marchaient dans la Vallée de Josaphat, dans cette Vallée de Justice d’Amour du Cédron, entre Jérusalem et le Mont des Oliviers, où le Grand Architecte de l’Univers rassemble le peuple des hommes pour le jugement dernier, selon le texte biblique.

Toutes les traditions parlent du rassemblement des hommes. Symboliquement, le « Cantique des Oiseaux » de Farîd-ud-Dîn’Attâr nous engage à suivre la Huppe du Roi Salomon dans la Vallée de l’Amour.

En cette nouvelle rentrée, pour la fin de cette année et l’année prochaine, je rêve du rassemblement des hommes dans le camp sublime et royal de l’Amour fraternel. Pour cela, il nous faudra agir par la pensée et l’action.

Jean-François Guerry.

CONFÉRENCE DU GRAND MAÎTRE DE LA GRANDE LOGE DE FRANCE
LA PENSÉE ET L’ACTION
LA PENSÉE ET L’ACTION
LA PENSÉE ET L’ACTION
QUE LA LUMIÈRE ÉCLAIRE NOTRE CHEMIN
LA PENSÉE ET L’ACTION

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