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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
École d'Athènes par Raphaël

École d'Athènes par Raphaël

ÉTHIQUE OU PRATIQUE ?

 

En 2021 j’écrivais mon premier livre : « Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie ». Depuis je n’ai pas cessé ma réflexion sur ce thème, que j’enrichis périodiquement, ou plutôt presque quotidiennement par ma pratique maçonnique. J’écris, quand d’autres parlent seulement, d’autres méditent en silence, ils s’enrichissent tout autant, mais les bienfaits de leur action ne sont pas partagés. J’ai la faiblesse de croire qu’arriver à un certain âge, le peu de temps qui nous reste doit être consacré toujours et encore à la recherche des savoirs, mais surtout à la Connaissance c’est-à-dire à l’Amour du partage.

Les philosophes antiques, mais aussi les modernes sont le plus souvent préoccupés par la construction de systèmes, d’écoles de pensée, qu’ils s’efforcent de diviser, de structurer, de classer, au risque d’émietter leur pensée originelle. Ils veulent sans doute s’affirmer et au mieux laisser une trace de leur passage. Ils se saisissent parfois d’éléments disparates, piochés dans diverses écoles ou systèmes et en les assemblant, ils tentent de trouver une forme de cohérence. C’est une forme d’exégèse élaborée, que d’autres s’empressent de critiquer les accusant au mieux de plagiat au pire d’incohérence. Toute cette agitation intellectuelle finit par aboutir à une confusion, où chacun demeure persuadé d’avoir raison et cela donne corps à des conversations de cénacle où chacun compare ses degrés de savoir. Conversations qui finissent par n’intéresser que les locuteurs qui débattent entre eux, un entre-soi, bien loin des préoccupations existentielles des autres et même bien loin de toute élévation spirituelle qui pourrait améliorer la société. Nous devons nous interroger à propos des philosophes de l’antiquité : leur tâche principale était-elle la rédaction d’un écrit, ou d’écrits ? Il semble à l’analyse que non. En effet tout le monde semble d’accord que les principaux d’entre eux non rien écrit. C’est le cas de Pythagore considéré comme le premier sage, le premier philosophe, l’inventeur même de la philosophie et pourtant il n’a rien écrit ! Pour Socrate il en est de même, c’est Platon qui nous rapporte sa pensée, Plotin même le néoplatonicien tardif dont les Ennéades ont été classées et parfois réécrites par Porphyre. Et pourtant nous pouvons constater qu’ils nous ont laissé un héritage. Nous pouvons donc légitimement nous poser la question, est-ce que la tâche primordiale, essentielle d’un philosophe est la rédaction d’un écrit ? Victor Goldschmidt éminent philosophe, et historien français d’origine allemande, le pensait. Ainsi, il formula le postulat sur lequel repose la méthode structurale en philosophie : « La méthode structurale, dit-il met incontestablement l’accent sur l’œuvre écrite, comme l’unique témoignage où se manifeste une pensée philosophique. »[1] Cela semble évident comment pourrions-nous prétendre la pensée des philosophes antiques sans l’écrit. Pourtant, réfléchissons plus loin, nous constatons l’extrême lenteur des œuvres philosophiques écrites. Cela est du tout simplement parce que la communication était orale. Les dialogues de Platon en sont la démonstration, sans qu’il soit besoin d’argumenter. On notera de plus que les dialogues sont organisés par thème, visant sans nul doute un objectif pédagogique et inspirant pour une conduite de vie face aux événements de celle-ci, ils sont donc plus Praxis que theoria.

 

 

 

 

Conclusion

 

Éthique et Pratique.

 

J’ai volontairement écrit Pratique avec un « P majuscule », en forme d’égalité avec Éthique. Aujourd’hui nos hommes politiques à l’approche des élections éprouvent l’envie soudaine d’écrire. De se raconter et de nous raconter de belles histoires que nous sommes tentés de croire puisqu’elles sont mises par écrit. Après avoir dévoyé l’oralité tentent t’ils de convaincre par la sacralité de leurs écrits, inscrivant leurs promesses dans le marbre face à des paroles qui n’impriment plus. Plutôt que de nous parler d’éthique à longueur de journée, nous pourrions leur dire comme Socrate quand envisager de passer à la pratique ? La Franc-maçonnerie revendique elle dans ses travaux d’être dans l’éthique et au dehors de ses loges de passer à la pratique. Elle est pensée et action, fraternité humanisme et spiritualité, son initiatique n’a pas de sens sans la pratique de ce qu’elle enseigne. Ses exercices qui sont de formation sont aussi d’application dans l’homme et dans la cité. On vient en Franc-maçonnerie, non par vanité pour flatter son ego, mais pour agir sur soi et dans la société. Elle est une praxis vivante, faisons en sorte qu’elle soit vivace grâce à notre exemplarité et qu’elle inspire nos hommes politiques dans leur conduite et pas seulement dans leurs écrits.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

[1] Victor Goldschmidt- Remarques sur la méthode structurale en histoire de la philosophie- Métaphysique et histoire de la philosophie, recueil d’études offert à Fernand Brunner. Neufchâtel 1981. Page 230.

ÉTHIQUE OU PRATIQUE
L'ACTION DE LA LUMIÈRE 
ÉTHIQUE OU PRATIQUE

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Publié le par Jean-François Guerry
Chers toutes et tous... Je serais absent du 20 au 26 joies de grand-père !!! Je vous propose en attendant quelques citations pour méditer....À bientôt

Jean-François Guerry

L'ABSENCE....
QUEL PLUS GRAND MANQUE QUE L'ABSENCE DE LUMIÈRE ?

QUEL PLUS GRAND MANQUE QUE L'ABSENCE DE LUMIÈRE ?

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Publié le par YANN
BLOG DE YANN

 

La visite apostolique du Pape Léon XIV en France en septembre 2026 est attendue avec enthousiasme. Voici quelques raisons qui expliquent son succès. 

 

 

 Carnis Resurrectionem : une intuition millénaire  

 

Le 18 décembre 1994, lorsque Jean-Marie Chauvet et ses deux compagnons pénètrent dans la grotte de Vallon-Pont-D'arc, ce nouveau Lascaux datant de près de 30.000 ans avant notre ère, ils découvrent un crâne d’ours trônant sur une sorte d’autel entouré d’un cercle de trente autres crânes d’ours.  

 

Pourquoi est-ce important ? Des chercheurs venant d’horizons aussi divers qu’un historien des religions comme Mircea Eliade, un zoologiste comme Pierre-Paul Grassé, un ethnologue comme Jean Servier sont tous d’accord pour affirmer qu’Homo sapiens est avant tout un Homo religiosus. Or, si la plus ancienne religion dont on puisse avoir la trace est bien un culte de l’ours, cela indique qu’à l’image de l’ours qui paraît mourir chaque hiver et qui ressuscite de façon énigmatique à chaque printemps, les hommes préhistoriques croyaient à la survie des morts, ce que confirment les traces de nourritures que l’on a relevées dans de très anciennes sépultures.  

 

Après tout, cela est parfaitement logique : pourquoi ne pas penser que, de même que nous sommes apparus un jour dans ce monde, quand nous quittons ce monde quelque chose de nous-mêmes rejoint un autre niveau de réalité que celui que nous percevons et où nous vivons. Sous des formes plus développées, toutes les grandes traditions ont repris ce concept. L’existence d’un lien particulier entre l’homme et cet autre niveau apparaît comme l'une des intuitions majeures de l’humanité, celles qui furent présentes en tous temps et en tous lieux. 

Toute société se vit religieusement  

Aucune Société ne s'est édifiée et n'a réussi à survivre sans donner à la philosophie qui la sous-tendait la fermeté, l 'intensité, l 'imprescriptibilité, la violence, les exigences, d'un absolu religieusement vécu.  

Le XIXè siècle ne fait pas exception. Il se disait, et sans doute se voulait-il et se croyait-il, scientifique, laïque, rationaliste et matérialiste, dégagé de tous les obscurantismes et de toutes les superstitions, à commencer par la religion ; il a vécu, affirmé et défendu ce en quoi il croyait, religieusement. Avec ses rites laïques, républicains, socialistes, sa foi absolue dans les Lumières, la Science, l 'Instruction publique, le Progrès, sa confiance niaise en l'infaillibilité de !'Histoire, son anticléricalisme bigot, ce siècle est tout sauf a-religieux. En fait, il a vécu ses croyances et ses espoirs, comme le fidèle vit sa foi. Il a cru, au sens le plus fort du terme. D'où sa démarche conquérante, son prosélytisme inlassable, son intolérance radicale, ses croisades manichéennes contre "l'infâme", ses procédés en tous points identiques à ceux qu'il prétendait combattre et dénoncer, et dont il avait toujours affirmé qu'ils étaient spécifiques de l'Église et de ses ouailles, cette lutte enfin des semblables, l'instituteur et le vicaire.  

L'exemple le plus parfait de cette "religionisation" est évidemment celui du communisme soviétique. Mais le fascisme, le racisme, le nationalisme sont, eux aussi, de bons exemples de "religions séculières" ou "terrestres" : les preuves sont dans tous les esprits (l'existence de véritables "liturgies", propres à chacune de ces "religions", en est une). 

Concluons : contrairement à ce qu'affirme Mircea Eliade, toute société, quelle qu'en soit la philosophie politique, est "religieuse" et c'est même la condition essentielle de sa survie. La "foi" laïque s'inscrit très logiquement dans le cadre des données religieuses qui ont formé, modelé, informé l'Occident depuis deux mille ans, à savoir le christianisme. Les idées-force du XIXè siècle - Progrès, Raison, Révolution, Liberté, Égalité, Fraternité, etc. que celui-ci a généreusement pourvues de majuscules, fait significatif - ne sont que la traduction, dans la langue d'aujourd'hui, de notions, d'idées, de croyances que le message chrétien nous a rendues familières depuis des millénaires.  

Les processus de sécularisation, les techniques, l'esprit scientifique, la rationalisation des conduites, prennent de même leur source dans le christianisme, ce qui explique que ces phénomènes aient fait leur apparition et pris toute leur ampleur en Occident, terre chrétienne, et en Occident seulement. 

L'inéluctable présence du religieux  

On peut se demander à quoi tient cette présence inlassable du religieux. 

1. La première raison est le fait, déjà souligné, que l'homme est un être essentiellement religieux. Animal social, le plus fortement socialisé de tous les animaux sociaux, il éprouve instinctivement le besoins de communier avec ses semblables. Ne pouvant utiliser à cette fin les mêmes moyens que les animaux, il a recours à des symboles, à des signes, à des rites et à des liturgies qui lui permettent d'être reconnu sans être connu, de connaître sans savoir, et de percevoir à plein la présence et la puissance du collectif, du social, qu'ils ressent comme porteur d'un certain sacré. En d'autres termes, il socialise le sacré et sacralise le social.  

C'est pourquoi, a m'en tenir à cette seule approche (mais il est évident que la religion est tout autre chose et bien plus que ce à quoi je la réduis ici), l'Homme apparaît comme un animal essentiellement religieux, en fait, comme le seul animal religieux existant.  

Si sécularisé qu'il soit, se veuille et se dise, il ne cesse donc jamais de "jouer à cache-cache avec le sacré" (R. Bastide). Des bouffées de religiosité scandent sa marche dans un monde qu'il refuse de voir privé de toute signification. D'où la transformation automatique de toute idéologie, si anti-religieuse soit-elle, en une vision totalisante et globalisante de l'Homme et de la Cité, c'est-à-dire en une vision "religieuse".  

2.  Toute religion est, en effet, un phénomène social secrétant une vision globale et totale de l'Homme, de la Cité et de leur devenir. Elle répond ainsi à l'intégralité des besoins physiques et psychiques de l'Homme ; elle est ce que Julien Freund appelle "un asile d'aspirations, de besoins, de désirs et d'espoirs permanents" qui, par nature, dépasse et enveloppe tout à la fois les Idéologies, le Politique, l'Économique, !'Art, la Morale, et s'inscrit dans nos actes les plus quotidiens, dans nos réactions vitales les plus profondes comme dans notre vision du monde. 

3.  Depuis des millénaires, les religions, c'est-à-dire, pour l'Occident, le christianisme, ont formé, informé, conditionné, orienté, à chaque instant, tous les actes de la vie des hommes.  

Sans préjuger de son contenu spécifique, le christianisme doit, par exemple, sa situation privilégiée à, notamment, sa présence totale, générale et continue en tant qu'institution cohérente de doctrine et de conduite; à l'action qu'il a exercée dans les prises de conscience nationales, régionales, politiques, économiques ou sociales, dans les processus d'intégration, de désintégration ou de non-intégration qui ont marqué la vie des États et des communautés; au rôle fondamental qu'il a joué aussi bien dans les crises des civilisations que dans leurs renaissances ou dans la continuité des valeurs de base qui les nourrissaient.  

4.  Dans l'histoire des peuples, les continuités profondes l'emportent sur les discontinuités. L'idée même de rupture, de révolution, de renaissance, de temps nouveaux plonge ses racines dans un passé très lointain. Ce sont, le plus souvent, des retours aux sources, car les moments les plus tumultueux de l'Histoire ne font en fait que privilégier, exalter, revitaliser des valeurs préexistantes, latentes, diffuses, qu'ils mettent en lumière et situent (provisoirement) au sommet de la nouvelle hiérarchie des valeurs, elle-même dictée par une vision du monde antérieure, elle aussi pur produit du passé.  

Il n'est pas étonnant, dès lors, que le religieux soit partout et toujours présent, quels que soient le type de société et sa philosophie, puisqu'il constitue le lien le plus fort de toutes les continuités, la continuité par excellence. 

Yann

BLOG DE YANN
BLOG DE YANN
Bonjour ! une suggestion en complément de la lecture du texte de Yann. Lire le livre de Régis Debray : Le moment fraternité et plus particulièrement les pages concernant le sacré.

 

Jean-François Guerry.

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Publié le par Jean-François Guerry
RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ ET ÉLÉVATION DE CONSCIENCE

RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ ET ÉLÉVATION DE CONSCIENCE

Pour définir le Rite Écossais Ancien et Accepté et ses trente-trois degrés, nous avons une formule assez courante : « Le Rite est un corpus initiatique qui permet l’accession à de nouveaux états de conscience. » Processus de construction de l’homme par strates successives qui élèvent son esprit, par acquisition et pratique de vertus qui enrichissent l’être intérieur dévoilé au cours d’une succession de cérémonies initiatiques.

Nous constatons une acquisition progressive et, par nature, lente de ces états de conscience chez l’homme qui devient autre en restant le même.

Il n’y a pas d’opposition entre matière et esprit, mais complémentarité. Le maçon écossais est homme de la cité, dans la cité, son initiation n’est pas désincarnée. L’expansion de son esprit, peu à peu, prend le pas sur la matière : initié par le corps à son corps, à la maîtrise de ses sens, son esprit s’élève et agit sur son corps, qui se comporte de manière différente.

Levinas a décrit la complémentarité entre l’extériorité et l’intériorité dans Totalité et infini. L’initiation maçonnique nous conduit vers l’harmonisation entre corps et esprit, entre pensée et action. L’homme nouveau, responsable, est l’homme vrai et droit, qui associe l’Équerre de la rectitude et l’ouverture du Compas du cœur.

Progressivement, une liaison se fait entre deux mondes qui pouvaient paraître opposés, irréductibles : celui de la physique, matière, et celui de la conscience, esprit. Une conscience qui s’enracine et se développe dans notre être intérieur produit une modification de notre être extérieur ; les yeux organiques deviennent plus lumineux sous l’influence des yeux du cœur.

Notre conscience n’est plus un phénomène temporaire, aléatoire, qui s’exprime fortuitement face à un événement isolé, mais elle devient permanente face à chaque événement de la vie. Elle n’est plus un rayon de lumière, mais lumière de notre esprit ; elle est vigilance et persévérance dans l’action. Le phénomène conscience devient régulier, fondamental, central ; c’est ainsi que l’on dit que le Maître Maçon est dans la Chambre du Milieu, au Centre, entre l’Équerre et le Compas, et capable de juger par lui-même, considérant qu’il s’est élevé, relevé et qu’il est aussi radieux que jamais.

En physique, on constate la dégradation de la matière, la descente de la matière par désagrégation des noyaux atomiques. Alors que la Vie est dans un processus inverse : elle est une agrégation corpusculaire. Les deux mouvements ont une amplitude universelle : l’un détruit, se détruit, et l’autre construit. Le Rite Écossais Accepté participe à la construction de la conscience de l’homme ; il devient acteur de cette cosmogénèse.

La conscience grandit l’homme et lui permet de trouver sa place dans le cosmos et dans la vie de la cité. Même si, en toute humilité et conscience, l’homme sait qu’il n’est qu’un point infime dans l’univers, il peut faire en sorte que ce point soit lumineux et que l’ensemble de ces points lumineux par agrégation de leurs consciences puissent éclairer un peu mieux notre monde. C’est la contribution de chacun à la construction de l’édifice de la Fraternité.

Jean-François Guerry

UN POINT LUMINEUX SUR L'OCÉAN
RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ ET ÉLÉVATION DE CONSCIENCE

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Publié le par Jean-François Guerry
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Publié le par écossaisdesaintjean

Cet article est reposté depuis Le blog de ecossaisdesaintjean.

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Publié le par Jean-François Guerry
LE PENSEUR DE RODIN.

LE PENSEUR DE RODIN.

LA LOGE MAÇONNIQUE, ESPACE DE RÉFLEXION

En 2021, j’écrivais mon premier livre sous le titre : « Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie ». Ce livre est né de la lecture des œuvres de Pierre Hadot et de son concept d’exercices spirituels. Presque parallèlement, le professeur agrégé et philosophe Xavier Pavie marchait aussi dans les pas de Pierre Hadot en écrivant sur les exercices spirituels et leur usage bénéfique pour ses étudiants en école supérieure de commerce. Xavier Pavie, lors de ses interventions au sujet de son ouvrage, déplorait l’absence, aujourd’hui, de lieux propices à la pratique de ces exercices spirituels. Au cours d’un bref échange, je lui indiquai modestement que moi (simplement moi), j’avais trouvé un lieu pour cette pratique, ce lieu étant la Loge maçonnique.

Nous présentons souvent nos Loges maçonniques comme des lieux d’initiation et d’ouverture à la réflexion, donc à la pratique d’exercices spirituels qui sont comparables aux travaux maçonniques, qui permettront une ouverture d’esprit, exercices qui, appliqués dans le monde, pourront l’améliorer, peut-être un peu. Le nouvel initié est donc invité à la réflexion, qui plus est dans le silence, exercice propice à celle-ci.

Si l’on se place du point de vue expérimental, la Réflexion est le pouvoir acquis par notre conscience de nous replier sur notre soi et d’en prendre possession comme d’un objet dont la consistance est infinie et en évolution constante ; nous pouvons parler de vie intérieure. La réflexion, ce n’est pas seulement connaître, mais se connaître ; cela est parfaitement initiatique. La réflexion n’est pas seulement savoir, mais prendre conscience de savoir que l’on sait.

Socrate même, qui se promenait dans les rues d’Athènes en proclamant : « Je sais que je ne sais rien », est un exemple du déploiement de la Réflexion. Avant la pratique de la réflexion, l’élément vivant que nous sommes était éparpillé, dispersé. La Réflexion lui permet d’accéder au centre de la pensée, de « réunir ce qui est épars », en langage maçonnique.

Les conséquences de cette heureuse acquisition, du développement de notre pensée et de l’ouverture de notre cœur que nous faisons grâce à la pratique des travaux maçonniques, de ces exercices spirituels, sont immenses. Le nouvel être, l’être initié à la réflexion, en raison du développement de sa Réflexion propre sur lui-même, devient un nouvel être ; on parle d’un homme nouveau, d’un vrai, dans le réel, d’un homme spirituel et libéré progressivement du poids de son ignorance. En lui se concentrent toutes les activités de la vie intérieure. Il devient un feu spirituel, un flambeau. C’est le processus d’accès à la lumière, qui est potentialisé dans la loge maçonnique quand elle est vivante grâce à ses heureuses acquisitions.

« Toutes ces activités de la vie intérieure ne sont rien d’autre que l’effervescence du centre nouvellement formé explosant sur lui-même ».[1]

L’être réfléchi est l’apanage de l’homme, du seul homme. En effet, aujourd’hui, l’on donne une importance de plus en plus grande à nos animaux domestiques, importance justifiée par leurs qualités. Ainsi, l’animal sait, il est savant, mais il ne sait pas qu’il sait, à la différence de l’homme.

Dans le vivant, nous sommes différents et avons la capacité à être autre. Notre Réflexion et les réflexions reçues en loge favorisent notre mutation intérieure. Cet événement, qui est la prise de conscience de notre capacité à réfléchir et à changer, est le point de départ de nos considérations philosophiques, de notre foi en des vertus et des valeurs morales.

On touche là à une sorte de mystère que l’on peut qualifier de phénomène humain, de conscientisation de l’homme. De nombreux scientifiques, et en particulier les astronomes et astrophysiciens, sans doute parce qu’ils sont habitués à relever la tête pour réfléchir, associent leurs réflexions à la métaphysique et à une pensée de l’âme.

Ainsi Trinh Xuan Thuan : « Frappé par la splendeur de la nuit, constate que l’homme n’a cessé de lever les yeux vers le ciel pour tenter de l’ordonner, il a forgé une conception mouvante du cosmos (…) Aussi une union enfouie au plus profond de notre mémoire : l’alliance éternelle entre l’homme et le cosmos ».[2]

L’astrophysicien, dans son livre Vertige du Cosmos, consacre un chapitre entier de son livre au compagnonnage entre la science et la spiritualité, qu’il considère comme complémentaires. Si l’on réfléchit, la science et les techniques peuvent faciliter notre vie quotidienne, qui peut le nier raisonnablement ? Mais qui peut nier aussi que cette science, même si elle est bien employée, n’est pas d’un grand secours pour nous aider à mener une bonne existence, à vivre en société, c’est-à-dire à aider, alléger les autres et les aimer ? Il lui faut sa compagne de route, qui se nomme spiritualité.

« La spiritualité peut exister sans la science. Mais l’homme, pour vivre son humanité, a besoin des deux ».[3]

L’homme qui réfléchit est un être qui tend vers la Vérité et la Connaissance, en étant conscient qu’il n’atteindra jamais ni l’une ni l’autre. Néanmoins, pour cet homme, la réflexion est un grand bonheur.

On pressent dès lors comment sa participation aux travaux maçonniques dans sa Loge, son attitude, reflet de la force de son attention, fait dire qu’il paraît heureux et satisfait.

Jean-François Guerry.

 

[1] Pierre Teilhard de Chardin, Je m’explique, page 51. Éditions du Seuil.

[2] Trinh Xuan Thuan, Vertige du Cosmos. Éditions Flammarion.

[3] Ibid. 2.

LA LOGE MAÇONNIQUE, ESPACE DE RÉFLEXION
LA LOGE MAÇONNIQUE, ESPACE DE RÉFLEXION

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Publié le par Jean-François Guerry
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Jean-François Guerry.

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Publié le par Jean Dumonteil
BLOG SENTIMENT OCÉANIQUE DE JEAN DUMONTEIL

Deux jambes et un pas

Souviens-toi du petit enfant qui se dresse sur ses deux jambes et tente de marcher. Il se lève, hésite, cherche son équilibre, avance un pied, tombe et recommence. Nous avons tous appris ainsi, mais nous avons oublié l’extraordinaire aventure de l’apprentissage de la marche. 

Car marcher suppose une merveilleuse audace : accepter de perdre l’équilibre. Tant que nos deux pieds restent fermement posés sur le sol, nous sommes stables. Nous pouvons tenir debout. Mais nous n’allons nulle part. Pour avancer, il faut qu’un pied quitte le sol, que le poids du corps bascule sur l’autre jambe et que, pendant un bref instant, nous consentions au déséquilibre. Peut-être en va-t-il ainsi de toute existence. 

Nous croyons trouver notre vérité dans la stabilité de nos certitudes, immobiles, les deux pieds plantés sur terre. Mais vivre, c’est quitter une position assurée, déplacer son centre de gravité, accepter de ne plus être tout à fait là où nous étions sans être encore là où nous allons. Ex-ister, c’est sortir de soi.

Deux, c’est le chiffre de notre immobilité : un pied à droite, un pied à gauche ; le oui et le non ; le vrai et le faux ; moi et l’autre ; le corps et l’esprit ; le dedans et le dehors. Nous aimons penser par deux parce que le monde paraît ainsi plus facile à ordonner. D’un côté ceci, de l’autre cela. Mais entre les deux peut surgir un troisième terme. Entre les deux pieds surgit le pas.

Et ce troisième terme ne supprime pas les deux premiers. Il les met en mouvement. Il transforme une opposition en relation, une stabilité en chemin. Les Anciens parlaient ainsi de « ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre Trois ». Non pas choisir un terme contre l’autre, mais découvrir ce qui peut les relier et les dépasser.

Peut-être est-ce cela, grandir : apprendre sans cesse à passer de deux à trois. Entre moi et toi se crée la relation. Entre la question et la réponse naît la recherche. Entre deux certitudes contradictoires s’ouvre un chemin. Et entre le pied qui demeure au sol et celui qui se porte en avant, un homme se met à marcher.

Les cinq sens du réel

Nous croyons connaître nos cinq sens. Ils nous permettent de voir, d’entendre, de toucher, de goûter et de sentir. Ils nous renseignent sur le monde. Du moins le croyons-nous. La langue française est plus sage que nous. Depuis longtemps, elle a compris que les sens ne servent pas seulement à percevoir les choses, ce que nous exprimons par d’autres mots.

Nos cinq sens deviennent alors plus que des organes de perception : chacun ouvre une manière plus profonde d’habiter le réel. On passe de la vue à la clairvoyance et à la lucidité. Voir n’est pas seulement regarder ; c’est discerner. L’ouïe devient écoute et attention. Entendre une voix est une chose ; accueillir une parole en est une autre. Le toucher devient tact, passant du contact physique à la délicatesse de la relation. Et le goût devient saveur et sagesse. Peut-être ne devenons-nous pas sages en accumulant des connaissances, mais en apprenant à savourer le réel. Quant à l’odorat, il devient flair lorsque l’intelligence hésite encore. Quelque chose en nous sait déjà. Nous appelons cela l’intuition.

Nous vivons dans une époque saturée d’informations et nous regardons sans voir, nous entendons sans écouter, nous touchons des écrans, nous consommons sans goûter, nous respirons sans sentir. Peut-être la sagesse – la saveur – consiste-t-elle simplement à retrouver nos sens et à les affûter. Non pour fuir le monde, mais pour entrer plus profondément dans le réel. Car le réel ne se livre jamais à celui qui ne fait que le regarder. Il s’offre à celui qui apprend à le contempler, à l’écouter, à s’en laisser toucher, à le goûter et à le sentir… et à le pressentir. 

livre de Jean Dumonteil éditeur numérilivre
BLOG SENTIMENT OCÉANIQUE DE JEAN DUMONTEIL

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Publié le par Jean-François Guerry
La dame blanche

La dame blanche

CE QUI NOUS CARACTÉRISE

« L’homme ne saurait se voir complètement en dehors de l’Humanité ; ni l’Humanité en dehors de la Vie, ni la Vie en dehors de l’Univers. »
Pierre Teilhard de Chardin.

L’homme, partie de l’humanité, c’est une évidence. Pourtant, notre monde, chaque jour, semble démontrer le contraire : des hommes ont des comportements d’animaux sauvages, faisant même honte au monde animal par la pratique de leurs passions tristes, qui les empêchent de devenir des humains. Ce qui les caractérise, c’est leur attirance pour les extrémismes qui plongent leurs esprits dans un entonnoir sombre, réducteur de leur esprit. Ces hommes se tiennent en dehors des deux colonnes de la loi et de l’amour, qui soutiennent l’humanité.

Pourtant, ce qui caractérise l’évolution de l’humanité à travers les temps, c’est une montée des consciences, une ascension dont l’homme est le principal acteur et le point culminant. Celui qui est honnête ne peut adhérer à l’idée qui consiste à dire, à propos de tout : « C’était mieux avant », sous le simple prétexte qu’une partie « du peuple » semble refuser la civilisation. Il suffit de voir le retour à « l’avant » imposé par les talibans à leur peuple, en particulier aux femmes et aux jeunes filles. Cet avant obscur et violent est un déni d’humanité, un esclavage sans limites, une inquisition des esprits.

C’est le constat que dans un océan planétaire de l’évolution, de la montée des esprits et des consciences, il reste des territoires plongés dans l’ombre de l’obscurantisme. Malgré cela, ce qui caractérise l’homme, son évolution en humain, ne cesse de croître. Au-delà de la cérébralisation de l’homme, c’est sa spiritualisation et la prise de conscience de ce qu’il est qui le rendent humain.

En définitive, quand un profane me pose la question : « Mais, au juste, qu’est-ce que la Franc-maçonnerie ? », je réponds : c’est ce qui transforme, métamorphose l’homme en humain ; c’est ce qui lui permet d’aller au-delà de lui-même, non pas dans une contrée lointaine, mais de plonger dans la profondeur de son être pour en faire surgir toute l’humanité qui y est présente. C’est ce qui permet de développer l’énergie spirituelle qui est en chacun de nous, et c’est possible dans l’espace sacralisé de la Loge maçonnique, qui permet la potentialisation de cette énergie, où les participants progressent pari passu, c’est-à-dire « d’un même pas, d’un même mouvement ». C’est tout ce processus initiatique qui mène vers la Lumière spirituelle qui illumine l’homme et se reflète dans le monde.

La synthèse spirituelle qui se concrétise en Loge et celle qui se réalise dans notre esprit finissent par faire de nous des humains qui trouvent leur place dans un monde qui, de ce fait, devient une humanité fraternelle.

Le scientifique dirait sans doute que, dans le temps, la construction ordonnée, graduelle de la matière, par strates successives superposées, finit par créer un univers complet, plus riche, plus satisfaisant, plus lumineux. Si l’on admet que l’homme fait partie de cet univers, il en est l’acmé. Il en est l’acmé quand, dans sa courbe de vie, parvenu au faîte de sa conscience, il est capable de redescendre tendre la main à ses Frères en toute humilité.

In fine, « ce qui caractérise l’homme vrai », en toutes circonstances, c’est sa capacité à devenir humain, et la Franc-maçonnerie, c’est cette grande dame blanche lumineuse, rencontrée dans la profondeur d’une nuit obscure et porteuse d’un flambeau de lumière pour ouvrir le chemin de l’esprit et du cœur.

Jean-François Guerry

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